vendredi, 24 août 2012
Leon Black : un visage du capitalisme déjanté

Leon Black, 61 ans, est ce qu'on peut appeler une fortune qui s'est construite dans le milieu de la finance. Cet américain est le PDG et co-fondateur d'Apollo Global Management LLC, un fonds spécialisé dans le "leveraged buy-out" (LBO), c'est-à-dire dans le rachat d'entreprises à l'aide d'endettement.
L'homme, dont la fortune est estimée à 3,4 milliards de dollars US (soit environ 1.700 milliards de FCFA), a acquis "Le cri", un célèbre tableau en mai 2012. Cet achat, effectué à l'issue d'une procédure d'enchère, s'est élevé à 119,9 millions de dollars (soit environ 69 milliards de FCFA). Cette acquisition ne représente qu'à peine 4% de la fortune du financier américain.
Mais si je vous dis tout cela, ce pas simplement pour louer la réussite de ce génie de la finance. C'est surtout parce que l'entreprise de ce riche homme, a acquis il y a un an, l'entreprise de métallurgie Ascométal, après avoir fait une offre de 300 millions d'euros (soit environ 196 milliards de FCFA). Et début août 2012, devant les difficultés d'Ascométal, plus précisément de sa filière "Aciers plats", le fonds spéculatif Apollo Global Management LP a jugé que cette filière n'est pas rentable. Il a donc décidé de s'en séparer, refusant ainsi d'investir les 20 millions d'euros (soit environ 13 milliards de FCFA) nécessaires pour rétablir la compétitivité de la filière "Aciers plats" d'Ascométal.
Vous voyez maintenant où je veux en venir ? On est prêt à acheter une toile de 69 milliards de FCFA, mais on refuse d'injecter un sixième de cette somme pour sauver les emplois de valeureux ouvriers. Car, voyez-vous, la fermeture de cette filière mettra à la rue pas moins de 307 employés.
C'est ainsi que se comporte le capitalisme aveugle, celui qui magnifie l'égoïsme et foule au pied les droits des plus faibles. Tout libéral que je suis, je ne peux cautionner cette façon de gérer. Je crois, comme Joseph Stiglitz, que c'est le triomphe de cette cupidité qui fait du système capitaliste une proie si facile pour les crises à répétition.
Vivement que cela cesse !
Ch@rlie
22:29 Publié dans Carton rouge, Développement, Economie, International, Opinions, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : leon black, ascometal, côte d'ivoire, abidjan, cupidité, capitalisme, libéralisme, crise financière
vendredi, 03 août 2012
Les grandes familles qui gouvernent le monde

Certaines personnes ont commencé à réaliser qu'il y a de grands groupes financiers qui dominent le monde. Oubliez les intrigues politiques, les conflits, les révolutions et les guerres. Rien n'est pur hasard. Tout a été prévu depuis longtemps.
Certains l'appellent «théories du complot» ou Nouvel Ordre Mondial. Quoi qu'il en soit, la clé pour comprendre les événements politiques et économiques actuels est un noyau restreint de familles qui ont accumulé plus de richesses et de puissance.
Nous parlons de 6, 8 ou peut-être 12 familles qui vraiment dominent le monde. Sachez que c'est un mystère difficile à démêler.
Nous ne serons pas loin de la vérité en citant Goldman Sachs, Rockefeller, Loebs Kuh et Lehmans à New York, les Rothschild de Paris et de Londres, les Warburg de Hambourg, Paris et Lazard Israel Moses Seifs Rome.
Beaucoup de gens ont entendu parler du Groupe de Bilderberg, des Illuminati ou de la Commission Trilatérale. Mais quels sont les noms des familles qui dirigent le monde et ont le contrôle des Etats et des organisations internationales comme l'ONU, l'OTAN ou le FMI?
Pour tenter de répondre à cette question, nous pouvons commencer par le plus facile: l'inventaire des plus grandes banques du monde, et voir qui sont les principaux actionnaires et qui prennent les décisions.
Parmi les plus grandes sociétés du monde, on compte : Bank of America, JP Morgan, Citigroup, Wells Fargo, Goldman Sachs et Morgan Stanley. Passons maintenant en revue, les actionnaires de ces entreprises.
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Bank of America |
JP Morgan |
Citigroup |
Wells Fargo |
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State Street Corporation |
State Street Corp. |
State Street Corporation |
Berkshire Hathaway |
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Vanguard Group |
Vanguard Group |
Vanguard Group |
FMR |
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BlackRock |
FMR |
BlackRock |
State Street |
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FMR (Fidelity) |
BlackRock |
Paulson |
Vanguard Group |
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Paulson |
T. Rowe |
FMR |
Capital World Investors |
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JP Morgan |
AXA |
Capital World Investor |
BlackRock |
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T. Rowe |
Capital World Investor |
JP Morgan |
Wellington Management |
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Capital World Investors |
Capital Research Global Investor |
Northern Trust Corporation |
AXA |
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AXA |
Northern Trust Corp. |
Fairhome Capital Management |
T. Rowe |
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Bank of New York |
Bank of Mellon |
Bank of NY |
Davis Selected Advisers |
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Bank of Mellon |
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Mellon |
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Nous pouvons voir que maintenant il semble y avoir un noyau présent dans toutes les banques: State Street Corporation, Vanguard Group, BlackRock et FMR (Fidelity). Pour éviter de répéter les noms, nous allons maintenant les appeler les "quatre grands". On continue :
Goldman Sachs:
Les “4 grands”, Wellington, Capital World Investors, AXA, Massachusetts Financial Services et T. Rowe.
Morgan Stanley: Les “4 grands”, Mitsubishi UFJ, Franklin Resources, AXA, T. Rowe, Bank of New York, Mellon and Jennison Associates, Rowe.
Nous pouvons à peu près toujours vérifier les noms des principaux actionnaires. Pour aller plus loin, nous pouvons maintenant essayer de trouver des actionnaires de ces sociétés et les actionnaires des grandes banques à travers le monde.
Banque of New York Mellon: Davis Selected, Massachusetts Financial Services, Capital Research Global Investor, Dodge, Cox, Southeatern Asset Mgmt. et ... Les “4 grands”.
State Street Corporation (l'un des "quatre grands"): Massachusetts Financial Services, Capital Research Global Investor, Barrow Hanley, GE, Putnam Investments et ... les "quatre grands" (actionnaires eux-mêmes!).
BlackRock (une autre des "quatre grands"): PNC, Barclays et CIC.
Qui est derrière le PNC ? FMR (Fidelity), BlackRock, State Street, etc Et derrière Barclays ? BlackRock.
Et nous pourrions continuer pendant des heures, en passant par les paradis fiscaux des îles Caïmans, Monaco ou le domicile légal de sociétés écrans au Liechtenstein. Un réseau où les entreprises sont toujours les mêmes, mais ne portent jamais un nom de famille.
En bref: les huit plus grandes sociétés financières américaines (JP Morgan, Wells Fargo, Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, US Bancorp, Bank of New York Mellon et Morgan Stanley) sont contrôlées à 100% par dix actionnaires et nous avons quatre sociétés toujours présentes dans tous leurs tours de table : BlackRock, State Street, Vanguard et Fidelity.
En outre, la Réserve fédérale (banque centrale américaine) se compose de 12 banques. Elle est représentée par un conseil de sept personnes, qui comprend des représentants des “4 grands”, qui à leur tour sont présents dans toutes les autres entités.
En bref, la Réserve fédérale est contrôlée par quatre grandes entreprises privées: BlackRock, State Street, Vanguard et Fidelity. Ces sociétés contrôlent la politique monétaire américaine (et mondiale) sans aucun contrôle ou choix «démocratique». Ces entreprises ont lancé et participé à la crise mondiale en cours en ce moment, et se sont arrangées pour devenir encore plus riches.
Pour finir, un coup d'oeil à quelques-unes des sociétés contrôlées par ces "quatre grands" : Alcoa Inc, Altria Group Inc, American International Group Inc, AT & T Inc, Boeing Co., Caterpillar Inc, Coca-Cola Co., DuPont & Co., Exxon Mobil Corp, General Electric Co., General Motors Corporation, Hewlett-Packard Co., Home Depot Inc, Honeywell International Inc, Intel Corp, International Business Machines Corp, Johnson & Johnson, JP Morgan Chase & Co., McDonald Corp, Merck & Co. Inc, Microsoft Corp, 3M Co., Pfizer Inc, Procter & Gamble Co., United Technologies Corp, Verizon Communications Inc, Wal-Mart Stores Inc, Time Warner (CNN), Walt Disney, Viacom, Rupert Murdoch’s News Corporation., CBS Corporation, NBC Universal
Les mêmes "quatre grands" contrôlent également la grande majorité des entreprises européennes en bourse.
En outre, ils dirigent les grandes institutions financières, telles que le FMI, la Banque centrale européenne ou la Banque mondiale.
Les noms des familles qui contrôlent le "quatre grands", n'apparaissent ulle part...
The Large Families that rule the world (18 octobre 2011),
Traduit du portugais en anglais par Lisa Karpova (Pravda.ru)
Traduction en français de Ch@rlie
14:48 Publié dans Démocratie, Economie, Lu ailleurs, Polithypocrisie, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : state street, vanguard, fmi, banque mandible, federal reserve
mercredi, 14 mars 2012
Le discours de campagne de Nicolas Sarkozy à : dirigeants africains, prenez-en de la graine !!!

Chers lecteurs, j'ai choisi aujourd'hui de vous entretenir sur le discours prononcé par le candidat président français Nicolas Sarkozy le dimanche dernier (11 mars 2012). Il y a dans les prises de parole de cet homme dont on peut penser ce qu'on veut, des leçons que devraient tirer nos dirigeants africains. Je ne vais donc pas m'attarder sur la plausibilité ou la réalisabilité des engagements qu'il prend, cela regarde les français en premier lieu. Ce qui m'intéresse, c'est de montrer qu'aujourd'hui, aucun pays ne peut se développer sans une politique endogène. Pour ce faire, voici quelques morceaux choisis du discours de Villepinte.
"Mais tout ouvrir comme si la compétition était loyale, comme si la réciprocité était la règle, en renonçant à défendre ses intérêts, ses emplois, son mode de vie, son identité, sa cohésion sociale serait une autre folie.... Si dans les douze mois qui viennent aucun progrès sérieux sur l’exigence de la réciprocité avec nos principaux partenaires n’était enregistré, alors la France appliquera unilatéralement cette règle jusqu’à ce que les négociations aboutissent."
Le libre-échange, voilà un thème des plus importants dans cette ère de mondialisation des crises ! Et en la matière, les engagements que prend le candidat de l'UMP montrent bien que ceux qui s'accrochent encore à des idéologies, fussent-elles prônées par les institutions de Bretton Woods, se trompent grandement. Aujourd'hui, il est question pour chaque espace économique continu, de réfléchir pour lui-même et de décider des meilleures politiques, au lieu de s'attendre à ce que les autres fassent ce qui lui facilitera la tâche. Sur cette question, les pays africains devraient commencer à mener des réflexions pour se munir d'une politique commune en matière de commerce international, sans compter sur les promesses jamais tenues des États parties aux négociations de l'OMC.
Ceci est sans doute la partie la plus commentée du discours de Sarkozy. Je ne vais pas me prononcer sur la pertinence de cette positon. Je remarque juste qu'il chasse là sur les terres disputées de la grande famille de la droite française, peut-être un peu plus à droite que d'habitude. Mais entre nous, est-ce qu'un pays, aussi grand soit-il, peut accueillir tous les habitants de la terre ?
21:05 Publié dans Afrique, Aide extérieure, Côte d'Ivoire, Développement, Economie, Opinions, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, france, élections 2012, afrique, côte d'ivoire, abidjan
vendredi, 02 mars 2012
Les riches seraient moins regardants sur la morale...
L'équipe américano-canadienne menée par Paul Piff (université de Californie à Berkeley) a quelques arguments. Les chercheurs ont mené pas moins de sept protocoles expérimentaux différents, qui concluent tous dans le même sens.
"CUPIDITÉ"
Le premier est simple : il s'est simplement agi de se poster à un carrefour et d'observer les véhicules pris en flagrant délit de refus de priorité. La deuxième expérience, très semblable, a quant à elle consisté à relever les situations dans lesquelles un piéton engagé sur un passage ad hoc se fait couper la route par une voiture. Dans les deux cas, les chercheurs ont classé les véhicules en cinq catégories, des épaves roulantes (groupe 1) aux berlines de luxe (groupe 5). Résultat : près de 30 % des véhicules du groupe 5 forcent le passage aux voitures prioritaires, un taux quatre fois supérieur aux groupes 1 et 2, et trois fois supérieur aux groupes 3 et 4. Corrélation quasi identique pour le respect dû aux piétons...
Mais, direz-vous, ce n'est pas parce qu'on a une belle voiture qu'on est nécessairement riche. Ce qui n'est pas faux. Aussi, les chercheurs ont complété ces deux expériences par d'autres, menées en laboratoire. A chaque fois, une centaine d'individus ont été invités à prendre connaissance de divers scénarios ou situations : atteinte d'un objectif au prix d'une entorse à la morale, captation d'un bien de manière indue au détriment d'un tiers, mensonge au cours d'une négociation, caution d'une faute dans le cadre professionnel. Puis les participants ont rempli un questionnaire répondant à la question de savoir dans quelle mesure ils seraient prêts à reproduire ces comportements. A chaque fois, une corrélation entre le statut social des participants et leur capacité à enfreindre l'éthique est mise en évidence.
Une dernière expérience a consisté à placer près de 200 personnes devant un jeu informatique de lancer de dés : une somme d'argent leur était promise si le score atteint après cinq lancers était élevé. Mais, bien sûr, le jeu était pipé et le score ne pouvait excéder 12 points. Ceux qui ont rapporté des scores supérieurs aux expérimentateurs ont donc triché. Même en tenant compte de nombreux paramètres comme l'ethnie, le sexe, l'âge, la religiosité, l'orientation politique, il n'y a rien à faire, "la classe sociale prédit positivement le fait de tricher". A quoi tient ce lien entre hauteur sociale et bassesse morale ? En partie, répondent les chercheurs, "à une perception plus favorable de la cupidité".
20:16 Publié dans Lu ailleurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abidjan, côté d'ivoire, société, cupidité, morale, argent
mercredi, 22 février 2012
Que penser du projet emplois jeunes de la Banque mondiale en Côte d'Ivoire ?
22:06 Publié dans Afrique, Côte d'Ivoire, Développement, Economie, Opinions, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abidjan, côté d'ivoire, banque mondiale, emplois jeunes, chômage, afrique
samedi, 18 février 2012
Le nucléaire iranien en questions

00:28 Publié dans Afrique, Carton rouge, Développement, International, Opinions, Polithypocrisie, Société, Technologie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : iran, nucléaire, usa, onu, aiea, afrique
mardi, 06 décembre 2011
Gbagbo à la CPI : la messe déjà dite ?

Hier (lundi 5 décembre 2011), l’ex-homme fort d’Abidjan est passé pour la première fois devant ceux qui sont chargés de le juger, de déterminer s’il est coupable des crimes contre l’humanité qui lui sont reprochés au cours de la période de la crise post-électorale meurtrière qu’a connue la Côte d’Ivoire.
Le monde entier a pu suivre Laurent Gbagbo que l’on n’avait pas revu depuis son incarcération à Korhogo, dans le Nord de la Côte d’Ivoire, depuis son arrestation le 11 avril 2011, après plusieurs jours de bombardement de la résidence présidentielle où il était retranché avec quelques proches, par les hélicoptères de l’armée française et de l’ONU.
Au lieu de l’« animal traqué, abattu et craintif », que certain auraient bien voulu voir, Gbagbo est apparu à la face du monde plus combatif que jamais, avec le sourire et la pointe d’humour qu’on lui connaît. C’est tout à son honneur, quand on sait la gravité de ce qui lui est reproché, et surtout les moyens immenses déployés pour convaincre le monde entier que comme pour Sadam Hussein, le clouer au pilori fera le plus grand bien à toute l’humanité.
Ce qui a retenu mon attention, c’est les tout premiers commentaires faits par les journalistes de la Communauté Internationale (c’est bien ce qu’ils sont, ces travailleurs des chaînes occidentales d’information en continu). Et ces commentaires me laissent croire qu’en réalité, tout est déjà joué d’avance pour Laurent Gbagbo.
D’abord, sur France 24, qui recevait sur son plateau pour la circonstance Monsieur Adama Diomandé, Président d’une ONG ivoirienne de défense de la démocratie et fervent partisan d’Alassane Ouattara, et un autre invité dont je n’ai pas pu retenir le nom (excusez-moi). M. Diomandé, tout défenseur de la démocratie qu’il est n’a eu de cesse de traiter Monsieur Gbagbo de criminel, lui qui a certainement déjà fait son procès et conclu à sa culpabilité. Le journaliste de France 24 l’a bien repris une fois en lui rappelant le principe de la présomption d’innocence, mais rien n’a faire !
Après, sur BBC quelques minutes après, c’est l’intervention de Gbagbo ou du moins quelques bribes de cette intervention qui sont rediffusées. Et comme sur France 24 ou sur RFI, tous ces journalistes mettent en avant une certaine accusation qu’il aurait portée contre la France, en omettant que Gbagbo n’a fait que décrire tout simplement les conditions de son arrestation.
Ce qu’il y a de pernicieux dans cette attitude, c’est que l’on cherche à faire admettre que Gbagbo et ses avocats ont l’intention de se cacher derrière la bonne vieille excuse du néo-colonialisme reproché à la France.
Ce faisant, on oublie la vraie question d’origine : d’où vient-il qu’à l’issue d’une élection où deux candidats revendiquent la victoire, on en arrive à une guerre qui fait plus de 3.000 morts ? Comment se fait-il qu’au lieu de chercher des moyens pacifiques d’établir une bonne fois pour toute la vérité des urnes, la Communauté internationale avec à sa tête la France, prend fait et cause pour l’un des candidats, malgré les allégations de fraudes graves commises dans des zones acquises à sa cause ? Sarkozy aurait-il agi comme il l’a fait si les rôles avaient été inversés ?
Et puis, l’intervention de la France en Côte d’Ivoire se fonde officiellement sur le fait que Gbagbo serait en train de massacrer ses propres populations (ils ont déjà fait des enquêtes et ont découvert qui a tué les gens : ils sont forts ! peut-être qu’il est écrit sur chaque cadavre le nom de son assassin !). On a même entendu dire qu’il utilisait des armes lourdes contre des civils innocents. Mais que s’est-il passé à l’Ouest, précisément à Duékoué où des villages entiers auraient été rasés par les forces de Ouattara ? Ces faits là ne méritent-ils pas la même attention des défenseurs des populations ivoiriennes vivant à Abidjan ?
Mais je crois que je rêve en pensant que ces questions vont faire partie des débats, ou que quelqu’un parmi ces faiseurs d’information internationale va oser les poser et attendre de vraies réponses. A mon avis, tout est fait pour qu’Alassane Ouattara et Guillaume Soro continuent de gouverner la Côte d’Ivoire, même si eux non plus, ne sont pas blancs comme neige. Et comme il suffit toujours qu’un seul paye, je pense que pour Gbagbo, humainement parlant, la messe est dite. Dommage pour la vérité que les ivoiriens ne sauront probablement jamais sur cette sombre page de leur histoire !
Ch@rlie
22:37 Publié dans Afrique, Carton rouge, Côte d'Ivoire, Elections en Côte d'Ivoire, Opinions, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abidjan, côte d'ivoire, laurent gbagbo, alassane ouattara, soro guillaume, sarkozy, cpi, procès










