lundi, 10 mai 2010
Mariage à Cocody : le calvaire des jours heureux !

Samedi 8 mai 2010, à l'Hôtel Communal de Cocody (quartier résidentiel d'Abidjan) : c'est un samedi ordinaire, avec l'affluence des jours de mariages en grandes pompes. Beaucoup de monde (parents, amis, invités et surtout organisateurs des heureux événements), avec en prime, un soleil à son zénith comme pour attester de l'accord de la saison qui ces derniers temps, est devenue imprévisible.
Mais voilà, ce jour-là, il y a quelque chose de particulier. Comme ont peut le voir sur la photo ci-dessus, les esprits sont surchauffés, et chacun de décrier le martyr qu'il subit du fait, paraît-il, des autorités communales. En fait, c'est que tous les mariages, qui devaient débuter en principe à 9h00, ont été décalés et à 12h00, heure à laquelle a été prise la photo, plusieurs dizaines de personnes ne sont pas encore rassurées quant à l'heure à laquelle le mariage pour lequel elles se sont déplacées aura enfin lieu. Et pour cause.
Le matin déjà, une haute autorité du pays devait assister au mariage d'un couple (béni !). Pour cette raison, le temps a été suspendu : avant, pendant et juste après cette célébration, tout le monde devait retenir son souffle pour ne pas perturber cette grand' messe. Quelques heures après cet événement, alors que les uns et les autres s'affairaient à se repositionner pour en finir avec la cérémonie civile ; car pour la plupart, ce n'est que le début d'une longue journée qui va s'achever dans une soirée interminable... on apprend que la même haute autorité revient pour un autre mariage, et que comme le matin, tout doit à nouveau s'arrêter.
Il n'en fallait pas plus pour énerver tout le monde. « Elle n'aurait pas pu célébrer tous ses mariages en même temps pour nous laisser tranquilles une bonne fois pour toutes ? », assénait un vieillard visiblement agacé. « Ces gens-là, ils oublient que c'est nous qui les avons mis là où ils sont aujourd'hui. Et dès qu'ils sont au pouvoir, il s'en foutent de nous... », renchérit un autre. Les discussions sont vives, et les agents des forces de l'ordre qui essaient de dégager le parvis de l'Hôtel communal pour faire la place au cortège de l'autorité en question, se heurtent à la témérité des organisateurs de mariages que le soleil ardu n'a fait que renforcer. Il s'ensuit des échanges pas très amicaux, pendant lesquels on entend la sirène qui annonce l'arrivée de l'autorité. Mais heureusement, on apprend après quelques minutes qu'elle n'est que de passage, et qu'elle a remis à plus tard son retour sur les lieux. Ouf ! Tout le monde est soulagé, les agents des forces de l'ordre s'évaporent dans la nature, et enfin, les mariages des citoyens ordinaires peuvent (re-)démarrer... à 13h00. Une si longue attente !

Pauvres abidjanais : quand ce ne sont pas les agents de la mairie qu'il faut corrompre pour passer à l'heure à laquelle on a pourtant été programmé, ce sont les autorités du pays dont il faut deviner les intentions d'assister à des célébrations auxquelles elles sont invitées. Franchement, n'y a-t-il pas d'autres moyens de s'organiser pour que la présence des autorités, qui méritent du reste le respect dû à leur rang, ne mette à mal la quiétude des populations qu'elles sont censées protéger et représenter ?
Ch@rlie
19:06 Publié dans Afrique, Côte d'Ivoire, Opinions, Société, Témoignage | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abidjan, côte d'ivoire, cocody, hotel communal, mariage, organisation, colère











Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://allerdelavant.ivoire-blog.com/trackback/16698
Commentaires
YAKO!!!
Écrit par : Honorat Hermann | lundi, 10 mai 2010
Pauvre Afrique, pauvre Côte d'Ivoire !! A quand la fin des abus. Que Dieu bénisse et protège les pauvres!
Écrit par : BOEHI Benoit | mardi, 11 mai 2010
Vraiment, on souffre ! Mais les gars comment ont peut faire pour résoudre ce problème ? Moi je propose que tous ceux qui utilisent les services communaux refusent d'entrer dans les combines des agents des mairies, et que chacun se batte pour que l'ordre soit respecté.
Écrit par : Ch@rlie | mardi, 11 mai 2010
Une enième histoire de corruption et d'abus de pouvoir.
Écrit par : Friddine | mardi, 11 mai 2010
pour notre part, nous ne pensons pas qu'il s'agisse d'un abus d'aurorité mais plutôt d'un manque de professionnalisme de la part des personnes commises au protocole et à la sécurité quand une autorité (surtout politique) doive prendre part à une cérémorie civile dans nos mairies.
la gestion efficiente d'un tel événement demande simplement une bonne coordination entre le protocole de la mairie et les services de ladite autorité; ce qui évite les hésitations, les tergiversations... préjudiables à la personalité et les dégréments qui si on n'y prend garde pourraient un jour dégénérer en émeute.
Écrit par : art scène | mercredi, 12 mai 2010
Sous les tropiques africains, sous prétexte de sécurité, les autorités ont souvent tendance à ne pas donner de programme précis, fixe; ce qui gêne beaucoup le protocole et les organisateurs qui , pour couper court, "suspendent le temps pour tout le monde sauf l'autorité en question".
Aussi, voir tout le monde suspendu à votre programme (malgré lui) vous donne une impression de grandeur (réelle ou feinte), une certaine ivresse...
On peut perdre un électorat pour peu de chose; et quand on n'est pas un élu, on se fait tout simplement "détester".
Si l'hotel de ville a deux (02) ou plusieurs salles de mariage, les organisateurs pourraient 'jongler' malgré les hésitations et incertitudes sur les programmes des invités d'honneur que sont les autorités et résoudre par la même occasion le problème de leur sécurité.
Et comme dit "art scène" plus haut: une émeute peut très vite partir d'une très très petite étincelle,....
_____________moshe___________
Écrit par : Moshe | mercredi, 12 mai 2010
yako ! de josiane à martin christian
Écrit par : serantes | samedi, 15 mai 2010
Écrire un commentaire